Table des matières
Introduction
En République démocratique du Congo, le ministère de la Santé souhaite intégrer la médecine traditionnelle africaine dans le système de santé officiel. Cependant, cela reste limité par le manque de données fiables sur plusieurs aspects de cette médecine. Cette étude vise à déterminer les perceptions de la population de Lubumbashi à l’égard de la médecine traditionnelle africaine et les contextes de recours à ces modalités thérapeutiques. Nous avons mené des entretiens semi-structurés avec des échantillons de la population dans chacune des 7 municipalités de Lubumbashi, qui ont été sélectionnées de manière semi-aléatoire en proportion de la taille de chaque population, de janvier à juin 2017 et de février à juillet 2018. Au total, 4278 personnes (âge moyen : 32,1 ± 10,4 ans ; 36,5 % de femmes) ont été interrogées. Parmi elles, 75,8 % définissent la « médecine traditionnelle africaine » comme des « traitements à base de plantes » ; 79,4 % ont eu recours à la médecine traditionnelle pour diverses pathologies et problèmes sociaux. Cette médecine était préférée pour son efficacité, sa rapidité de guérison et son faible coût, ainsi que pour la présence de maladies contre lesquelles elle était le seul traitement utilisé. La plupart (52,1 %) ont commencé par la médecine conventionnelle, puis ont eu recours à la médecine traditionnelle africaine, 34,7 % ont commencé directement par la médecine traditionnelle africaine, tandis que 13,2 % ont combiné ces deux médecines. Parmi ceux qui ont eu recours à la médecine traditionnelle africaine (n = 3396), 55 % déclarent ne pas avoir d’inquiétudes à l’égard de la médecine traditionnelle, tandis que 42,5 % craignent les effets secondaires, la surdose, l’intoxication et le manque d’hygiène ; parmi ceux qui n’ont pas eu recours à la médecine traditionnelle africaine (n = 882), 78 % craignent les effets secondaires, la sorcellerie et le fétichisme. La médecine traditionnelle africaine reste une ressource importante pour les habitants de Lubumbashi. Il est essentiel que les décideurs tiennent compte de l’importance de ce secteur de santé pour la population, mais aussi des craintes et des obstacles signalés, et travaillent à la réglementation, à l’assainissement et au contrôle de cette médecine pour en assurer une utilisation sûre.
Contexte de recours à la médecine traditionnelle
Malgré l’implication de la République démocratique du Congo dans cette politique, avec une forte volonté politique en faveur du développement de la médecine intégrative, les contextes locaux de recours à la médecine traditionnelle et les profils et motivations des patients de la médecine traditionnelle n’ont pas été élucidés. Cette information est cependant une condition préalable importante au développement et à la mise en œuvre de politiques et de réglementations adaptées à une médecine intégrative rationnelle et durable. Une affirmation de l’OMS, selon laquelle 80 % des populations africaines et asiatiques ont recours à la médecine traditionnelle, constitue la référence de plusieurs chercheurs, rapports officiels et articles de presse. Cependant, il s’agit d’une estimation personnelle non étayée datant de 1983. Cela montre que chaque pays doit s’appuyer sur des données provenant d’études locales bien menées.
Méthodologie
Une recherche bibliographique a été effectuée dans ScienceDirect, Google Scholar et PubMed (avec les mots-clés « utilisation de la médecine traditionnelle », « utilisation de la médecine à base de plantes », « République démocratique du Congo » ; combinés avec AND) et a indiqué que les différentes enquêtes qui ont déterminé la proportion de recours à la médecine traditionnelle dans plusieurs régions de la République démocratique du Congo n’ont jusqu’à présent pas rapporté les perceptions locales de la médecine traditionnelle, les motivations pour le recours à la médecine traditionnelle ou les éventuelles craintes à l’égard de cette médecine. De plus, la perception et l’utilisation de la médecine traditionnelle peuvent être influencées par certains paramètres, tels que le niveau d’éducation, les moyens financiers, les croyances religieuses, le genre, l’influence culturelle, l’état matrimonial, etc. En effet, les personnes ayant un niveau d’éducation élevé et/ou les moyens de payer les soins de médecine conventionnelle peuvent avoir une perception différente de la médecine traditionnelle qui pourrait biaiser leur choix de santé. De plus, certaines religions peuvent être réticentes à l’égard de la médecine traditionnelle, la considérant comme un péché, ou, au contraire, peuvent être adeptes d’une forme de soins particulière. Il est donc apparu important d’étudier l’impact que de tels facteurs pourraient avoir sur l’utilisation de la médecine traditionnelle en République démocratique du Congo.
Cette étude a été réalisée pour évaluer et caractériser les perceptions de la médecine traditionnelle africaine dans la ville cosmopolite de Lubumbashi, deuxième ville de la République démocratique du Congo et capitale de la province du Haut-Katanga, afin de fournir des données pour orienter les chercheurs, les dirigeants politiques et les praticiens des médecines traditionnelles et conventionnelles.
Résultats
Les résultats de cette étude indiquent que la population de Lubumbashi a une bonne connaissance de la médecine traditionnelle africaine et que cette médecine est largement utilisée pour diverses pathologies et problèmes sociaux. Les principaux motifs de recours à la médecine traditionnelle sont son efficacité, sa rapidité de guérison et son faible coût. La plupart des personnes interrogées ont commencé par la médecine conventionnelle avant de recourir à la médecine traditionnelle, tandis qu’une minorité a directement commencé avec la médecine traditionnelle et d’autres ont combiné les deux médecines. La peur de l’inefficacité, de la sorcellerie et du fétichisme sont les principales craintes exprimées par ceux qui n’ont pas recours à la médecine traditionnelle. En revanche, ceux qui ont recours à cette médecine ont principalement des craintes liées aux risques liés à la préparation et/ou à la conservation des remèdes, au diagnostic et aux cérémonies de guérison perçues comme des rituels magiques. Les coûts des traitements varient considérablement, allant de la gratuité à des montants exorbitants, ce qui montre que la médecine traditionnelle est utilisée par des personnes de tous niveaux de revenu.
Discussion
Les résultats de cette étude confirment l’importance de la médecine traditionnelle pour la population de Lubumbashi, en République démocratique du Congo. L’utilisation de la médecine traditionnelle est largement répandue et motivée par des raisons telles que son efficacité, sa rapidité de guérison et son faible coût. Cependant, il existe également des craintes et des appréhensions à l’égard de la médecine traditionnelle, qui doivent être prises en compte pour garantir son utilisation sûre. Il est également important de noter que la médecine traditionnelle joue un rôle au-delà des soins médicaux, en traitant également des problèmes sociaux. Cette étude fournit des informations précieuses pour les décideurs politiques et les praticiens des médecines traditionnelles et conventionnelles, afin de développer des politiques et des réglementations adaptées à une médecine intégrative rationnelle et durable.
Conclusion
La médecine traditionnelle africaine est largement utilisée par la population de Lubumbashi, en République démocratique du Congo, en raison de son efficacité, de sa rapidité de guérison et de son faible coût. Cependant, des craintes et des appréhensions subsistent à l’égard de cette médecine, qui doivent être prises en compte pour assurer son utilisation sûre. Les décideurs politiques et les praticiens des médecines traditionnelles et conventionnelles doivent travailler ensemble pour réglementer, assainir et contrôler la médecine traditionnelle afin de garantir sa sécurité et son efficacité.
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